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  • : Ce blog existe afin de dénoncer les aberrations et dangers de l'expérimentation animale, en faisant la promotion des méthodes substitutives et en luttant contre toute forme d'exploitation animale.
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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 16:06

La condition animale ET humaine aujourd’hui

 

10 JUIN 2010

 

 

--  BRUXELLES  --

 

A quoi d’autre fallait-il s'attendre, fin mars 2009 à Bruxelles, qu'à ce coup de poignard dans le dos des animaux de laboratoire de la part des parlementaires européens, arrosés par les industriels de la vivisection grâce aux gros profits que celle-ci génère ?

Voici la traduction en clair de quelques amendements anthologiques, votés par des députés européens, qui risquent fort d’empirer le sort déjà dramatique des animaux dans les laboratoires, non seulement en Europe mais bien au delà:

  • Moins de justification scientifique nécessaire pour expérimenter sur les primates, et ce malgré la grande sensibilité du public à ce sujet. De plus, les demandes d'autorisation d'utiliser des primates seraient moins étudiées à la loupe.
  • Report sine die des propositions de la Commission Européenne concernant l'arrêt de la capture des primates sauvages destinés à la vivisection.
  • Autorisation/délivrance d'une licence pour la quasi-totalité des expériences: abandonnée à court terme (la majorité des recherches sur les animaux pouvant désormais être menée sans devoir soumettre au préalable une demande d'autorisation d'expérimenter).
  • Autorisation de réutiliser de manière pratiquement illimitée les mêmes animaux, à l’exception d’une poignée d'expériences, parmi lesquelles les tests de toxicité et les lésions cérébrales provoquées.
  • Autorisation, tenez-vous fort, de faire souffrir les animaux de manière intense et prolongée si une expérience le requiert.

                                                                 

De toute évidence, les hommes politiques de tout bord n’accordent que très peu d’importance à l'opinion publique, qui se déclare majoritairement hostile à l'expérimentation sur les animaux, selon différents sondages d'opinion récents, paradoxalement lancés par Bruxelles, et sur lesquels nous reviendrons après le prochain paragraphe.

 

  --  LE PROJET REACH  --

 

L’italienne Fabrizia Pratesi, collaboratrice du père du mouvement antivivisectionniste mondial Hans Ruesch, est l'une des rares activistes à faire le lien entre écologie et protection animale, ce qui est inexplicablement peu commun.

Notamment à propos du Projet REACH [la vérification de chaque ingrédient chimique et/ou dangereux dans tous les produits alimentaires commercialisés avant 1981, à tester rigoureusement sur des animaux, cela va de soi…], les écologistes se sont mis à dos la plupart des associations animalistes car ils insistaient pour que les tests de vérification soient faits le plus vite possible, quitte à ce que ce soit sur des animaux. Bien entendu ils ignoraient que ces tests n'auraient pas été révélateurs pour deux sous des produits qui pouvaient nuire à la santé des humains; ils n'avaient à cœur que de découvrir si les aliments que l'on trouve dans nos grandes surfaces sont oui ou non assaisonnés avec des substances chimiques, et si oui lesquelles, et en quelle(s) proportion(s), et si elles créent une dépendance (comme ce fut constaté pour le tabac).

A titre illustratif, rappelons que le raisin peut tuer certains chiens (mais pas tous: donc les différences dans une même espèce ont également leur importance), que les agrumes représentent un poison pour le chat, qu’une poignée d’amandes peut s’avérer fatale pour un renard, que l’arsénique (pourtant jadis le poison préféré des assassins) peut être ingéré comme de l’eau par le mouton. Il existe des centaines d’exemples comme ceux-ci, seuls les cyniques ont parfois osé dire que c’était grâce à la science si nous avions découvert toutes ces différences entre espèces…

Le caractère non-prédictif des tests sur animaux ne peut donc vraisemblablement pas révéler quelles substances représenteraient un danger pour l’homme. Néanmoins, il a été établi à Bruxelles que 12,8 millions d’animaux allaient être sacrifiés dans les 11 premières années du REACH, et un total de 50,2 millions à terme, histoire de préserver les emplois douteux que garantit la vivisection.

Malgré un doute initial que l’association Equivita (dont Mme Pratesi est présidente) avait réussi à soulever quant à la non-fiabilité des résultats qu’engendrerait le Projet, en 2007 Bruxelles a fini par trancher en faveur de la concrétisation vivisectionniste du REACH. Au passage, ceci a été considéré comme une "victoire" par certains écologistes...

Seule la possibilité de réduire le temps et les couts grâce aux méthodes substitutives (dont nous parlerons après le prochain paragraphe) a su séduire certains industriels, mais nous sommes bien loin de tout paramètre éthique, ne serait-ce que vague.

 

En début 2009 Bruxelles avait lancé un sondage à travers l'Europe pour savoir ce que l'opinion publique pensait de l'encadrement législatif concernant les animaux de laboratoire. A la question "Seriez-vous favorable à l'expérimentation médico-pharmacologique sur animaux, en sachant que le seuil de douleur infligée resterait tolérable et contrôlé ?", 77% a répondu NON.

[Note: Comment quantifier la douleur d’un animal ? Un "comité d'éthique" est sensé estimer si oui ou non les animaux de laboratoire souffrent beaucoup ou peu, et si leur degré de souffrance est justifié par l'importance d'une expérience donnée. Sans doute, l’appellation de "comité ironique" serait-elle plus appropriée à ce type de fonction.]

Il faut retenir deux points:

  • Les députés sont théoriquement sensés représenter le peuple et, de ce fait, refléter sa volonté. Pourtant en mars, en mai, et en novembre 2009, tout a été mis en œuvre afin que les lois concernant le bien-être (?) des animaux de laboratoire soient rendues plus floues que jamais. Les organismes de protection animale espéraient une révision des lois catastrophiques de 1986, mais finalement nos représentants politiques ont préféré empirer le tableau.
  • Malgré le fait que la question-piège du sondage parlait de recherche médicale, Bruxelles ne cherche en fait qu'à promouvoir et justifier le projet REACH, qui concerne une toute autre industrie: celle alimentaire.

   

--  LES MÉTHODES SUBSTITUTIVES: UNE SCIENCE ÉTHIQUE, ET QUI MARCHE  --

 

Entre 1980 et 1985, certains laboratoires ont développé une technique révolutionnaire consistant à tester sur des tissus humains les substances pharmaceutiques issues de la recherche. Rassurez-vous, les tissus en question étaient en fait des "restes" d’interventions chirurgicales, récupérés d’hôpitaux, sur lesquels les chercheurs pouvaient travailler sans endommager inutilement des êtres vivants. Ironiquement, ces laboratoires s’étaient résolus à expérimenter sur ce matériel de fortune pour la seule et unique raison qu’ils n’avaient plus les moyens d’acheter des cobayes !

Le fait d’expérimenter sur ce type de support mena rapidement à des pistes fort encourageantes, l’utilisation animale n’ayant fourni que de vagues suppositions contradictoires pendant près d’un siècle. Les avantages étaient multiples: les restes ne coutaient rien ou presque, les tissus humains réagissaient de façon infiniment plus révélatrice que toute autre tissu animal, les premiers résultats arrivaient rapidement. En effet il ne faut pas oublier qu’une recherche vivisectionniste implique des coûts faramineux, allant du transport des animaux jusqu’à la nécessité de les nourrir, et s’étend en général sur 5 à 10 ans. Les méthodes substitutives, quant à elles, excluent d’entrée toute dépense relative aux cobayes, et produisent des indices concrets parfois en une semaine à peine.

Avec l’aide de la bio-informatique (schématiquement: la reproduction virtuelle d’un organisme humain par ordinateur), cette nouvelle technique s’apprêtait à devenir la méthode de référence dans le monde de la recherche.

 

Au détail près que le lobby pharmaceutique ne voyait pas les choses de la même façon.

 

Dans son premier ouvrage anti-vivisection, HONTE ET ÉCHECS DE LA MÉDECINE [traduction et adaptation française de IMPERATRICE NUDA, paru en Italie en janvier 1976 de la plume du même auteur], Hans Ruesch démasquait les puissants acteurs de l’industrie pharmaceutique (généralement appelée Pharma; ou Big Pharma en anglais), révélant que leur but n’était guère de soigner l’humanité, comme ils le clament haut et fort aujourd’hui encore, mais plutôt de s’enrichir en spéculant sur la santé du public.

Il n’y a plus un centime à gagner d’une maladie lorsqu’on lui trouve un remède définitif, l’astuce consiste donc à repousser indéfiniment le moment d’aboutir à des progrès concrets contre les maux qui nous affligent: c’est précisément ce que l’expérimentation animale permet de faire.

Ceci afin de continuer à nous vendre "entretemps" des médicaments qui donnent l’illusion à l’organisme d’aller mieux (soulagement aussi provisoire qu’éphémère), mais qui en aucun cas ne le guérissent.

Peut-être le lecteur attentif commence-t-il à deviner pourquoi la Pharma n’encourage pas la propagation des méthodes substitutives, dont l’efficacité et la rapidité joueraient clairement en défaveur des intentions lucratives du lobby.

 

Afin de s’assurer que ces méthodes éthiques et fiables (en un mot: scientifiques) fassent leur apparition sur le marché le plus tard possible, un organisme a été créé par la Commission Européenne en 1991, l’ECVAM, ou CEVMA en français: Centre Européen pour la Validation des Méthodes Alternatives. Vous remarquerez que ce nom comporte le mot alternatives, nuance intéressante qu’il est primordial de démystifier: il faut scrupuleusement utiliser l’adjectif substitutives à la place d'alternatives. En effet ce dernier terme laisserait entendre que l'expérimentation animale est une méthode qui marche, mais qu'il existe une "alternative" à celle-ci. Les deux techniques mèneraient donc aux mêmes résultats. Or il n'en est rien: la vivisection est d'une inutilité déconcertante, elle n'a jamais fait ses preuves autrement que par le fruit du hasard (notamment par les coïncidences biologiques, sur lesquelles nous reviendrons plus tard), elle n'est pas fiable scientifiquement, et s'avère même être fortement dangereuse pour l'homme, vu que le modèle animal ne comporte aucun caractère prédictif pour nous. Pour être encore plus clair: aucune espèce ne peut être prise comme modèle biologique d'une autre.

L’adjectif substitutives se distingue de l’autre car il exclut l’idée, par ailleurs infondée, que le chemin habituel soit le plus efficace, et de ce fait, il l’annule. Les méthodes substitutives étant fiables, l’expérimentation animale ne l’étant pas, le terme alternatives s’en trouve inapproprié.

 

L'un des orateurs incontournables en matière de méthodes alternatives/substitutives s’avère être l’actuel député PS de la 3ème circonscription du Rhône. A la fois vivisecteur et professeur de médecine (cherchez l'erreur), monsieur est l’heureux inventeur de la souris à l'ADN humain. Mais oui: si le modèle animal induit en erreur à cause de ses caractéristiques différentes d’espèce en espèce, pourquoi ne pas créer un monstre hybride sur lequel tester impunément pour le bien de l’humanité ? On pense parfois à une adaptation moderne, mais hélas bien réelle, du roman de Boulgakov "Cœur de chien". On pense aussi à "L'île du Dr Moreau" de H.G. Wells. Ce qui est inquiétant c'est que ces romans d'il y a un siècle décrivaient des expériences sur animaux qui, pour l'époque, relevaient de la science-fiction; alors qu'aujourd'hui ils illustrent précisément ce qui se passe dans les laboratoires: la création de souris et de primates auxquels on inculque un ADN humain "pour ne plus se tromper". Car même si les chercheurs ont compris que nous ne sommes pas pareils, ils tardent diligemment à se consacrer aux méthodes substitutives.

 

Notre docteur et homme politique affirme que les résultats qu’il a obtenus jusqu’ici sur ses souris sont "encourageants" (cela veut probablement dire qu'il n'en a pas, bien qu’il y travaille depuis plus de 6 ans) et que nous pouvons espérer obtenir un vaccin contre le Sida grâce à lui d'ici 10-15 ans.

N'est-il pas un brin paradoxal qu'un vivisecteur soit systématiquement aux premières loges pour parler de méthodes alternatives ? D'autant plus qu'il ne fait qu'en souligner les (faibles) limites, pour sous-entendre que la vivisection serait la seule méthode qui marche vraiment.

En réalité les tests sur animaux ne sont fiables qu’à 20% maximum, ce qui signifie que même un pari à pile ou face serait beaucoup plus crédible puisque les chances de tomber juste monteraient alors à 50%. En outre, les méthodes substitutives coutent jusqu’à mille fois moins cher et amènent à des résultats précis, à l’opposé de la vivisection, dont l’issue des expériences reste toujours très floue.


M. le député a également co-signé fin 2009 un rapport parlementaire [http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-off/i2145.asp] sur les méthodes alternatives (vous comprendrez que, dans sa position, il ne peut pas se permettre d’employer le terme "substitutives"), mais étrangement ce rapport vante les bienfaits (?) de l’expérimentation animale.
Par ailleurs, ce même médecin est membre de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), il est pourtant difficile d’espérer qu’il se batte pour promouvoir les méthodes substitutives alors que lui-même ne les adopte pas.

Alors comment y voir clair ? Ces méthodes devraient être validées par des scientifiques, seulement voilà: ces scientifiques sont des vivisecteurs !

Soyons directs: ce professeur espère être celui qui mettra au point un vaccin révolutionnaire, comment imaginer un seul instant qu’il puisse soutenir et encourager les recherches rapides, peu couteuses et éthiques de la recherche substitutive ?

 

C’est là que se situe la fragile frontière entre pouvoir et abus de pouvoir.

 

  --  FRAUDE SCIENTIFIQUE ET PARTICIPATION ACTIVE DES GOUVERNEMENTS  --

 

La recherche vivisectionniste s’obstine à rabâcher que les méthodes substitutives présentent encore des limites.

Voyons lesquelles.

La bio-informatique ne permettrait pas de produire des résultats réalistes, les substances à tester devant nécessairement passer par un organisme vivant. Seulement voilà, les organismes desquels parlent ces savants tortionnaires appartiennent à des animaux, et qui plus est, tous différents les uns des autres. En quoi exactement ce passage devrait-il donc nous renseigner sur les effets qu’un médicament peut avoir sur l’homme ?

Il est vrai que la bio-informatique dépend d’une technologie qui ne sera au point à 100% que dans deux décennies environ. Néanmoins les aficionados de l’expérimentation animale veulent nous faire croire que celle-ci serait la seule méthode valable dans l’attente que les techniques substitutives soient assez sophistiquées. Or non, loin s’en faut. En plus d’un siècle, la recherche vivisectionniste n’a donné que des doutes et des incertitudes, au prix de milliards d’animaux torturés et de millions de victimes humaines, faute de médicaments dont le danger qu’ils représentaient pour l’homme n’avait pas été constaté sur les cobayes de laboratoire.

Soulignons ensuite que si les deux recherches, celle néfaste et celle éthique, recevaient chaque année par l’Etat les mêmes sommes d’argent pour procéder à leurs expériences, la première se retrouverait pulvérisée par le succès de la seconde; et les décideurs politiques ne sont pas sans le savoir.

La bio-informatique est déjà extrêmement avancée, bien qu’elle n’existe que depuis 20-25 ans. De l’autre coté, l’expérimentation animale sévit depuis 100-120 ans, et ne s’est rendue célèbre que par les dégâts qu’elle a causé, et qu’elle continue de causer.

A titre informatif, il semblerait que seulement 122’000 € aient été alloués au développement des méthodes substitutives en France entre 1994 et 1997, contre plusieurs milliards d’euros pour l'expérimentation animale. Certes, ces informations sont un peu datées, mais le Ministère de la Recherche refuse de communiquer ses chiffres. Vous avez dit transparence?...

N’oublions pas que nous parlons ici de l’argent du contribuable, pantin anesthésié par la pensée pré-mâchée qui lui est servie par les médias, ceux-ci étant achetés et/ou contrôlés plus ou moins directement dans chaque Pays occidental par l’industrie chimico-pharmaceutique.

 

Il semble donc y avoir une volonté précise de faire en sorte que la vraie science soit ralentie en faveur d’une pseudo-science sinistre et lucrative. En d’autres termes, une volonté de nuire.

Une preuve ultérieure ? En 1993 une proposition de loi visant à la création d’une commission nationale des méthodes substitutives à l’expérimentation animale a été déposée au Parlement par le député François d’Harcourt, puis co-signée par une centaine d’autres députés. Le sénateur Louis Souvet avait également présenté au Sénat la même proposition, successivement co-signée par de nombreux sénateurs.

17 ans et quelques gouvernements plus tard, cette proposition de loi n’a encore jamais été discutée en Assemblée Nationale, officiellement pour manque de temps.

 

   

_ par Adrien Evangelista, porte-parole de la Coalition Anti Vivisection (France), collaborateur et consultant de la Fondation Hans Ruesch et du CIVIS (Centre d’Information sur la Vivisection et les Irrégularités Scientifiques), ATER en bioéthique et en méthodologie de la recherche biomédicale à Paris 8 Panthéon-Sorbonne _

 

 

Liens:

www.cav.asso.fr

www.hansruesch.net

www.antidote-europe.org

www.gatewaytohell.net

 

 

 

 

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